Dérives sur un chemin tout tracé.
Écrit par Administrateur du Site   
24-07-2008
Ce texte, relativement court, que j'ai conçu en complément d'information sur la page de présentation de mon site d'auteur, précise avec légereté et quelques pointes d'humour ma vision de la société, et la place que je pensais y occuper au moment précis où je l'ai écrit.

Je suis un vieux célibataire quinquagénaire infréquentable, politiquement incorrect et je n'ai pas la moindre envie de me faire une place dans la société.

En fait je veux toutes les places : celles du haut, du bas, et de la marge. Je veux les places que les autres ne veulent pas parce que celles d'à côté sont mieux, on y voit mieux la scène... mais la scène je n'ai pas besoin de la voir, je connais le spectacle par cœur et il n'est pas toujours très réjouissant.

Je veux une place derrière le pilier, pour pouvoir faire tout ce que je veux sans que personne ne vienne y redire.
Je veux un strapontin pour pouvoir filer en douce à l'heure du sermon.
Je veux la place derrière la grosse dame au chapeau rigolo et qui sent si bon le patchouli.
Je veux être près du radiateur l'hiver, et près de la fenêtre quand revient le printemps.
Je monterai sur l'estrade, puis j'investirai le perchoir. On me tendra un micro, mais je serai déjà parti.

Je suis le fantôme de la société, celui qu'on voit mais qu'on ne regarde pas, qu'on entend mais qu'on n'écoute pas ; moi j'écoute tout, j'observe tout, mais je ne vois ni n'entends rien. C'est le vide, le grand vide, dans cette société où il n'y a rien que des petites places, une pour chacun, avec son nom marqué dessus.

Axior - Ecrivain romancier

Commentaires
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CVincelette  - Une position intéressante bien qu'intrigante!   |Registered |2008-12-08 16:03:59
À l'auteur,
J'aime votre vision d'observateur attentif que j'associe à celle
occupée par tout ce qui nous côtoie en tant que création, sans être partie
prenante de la race humaine...je pense aux arbres, aux bêtes, à l'eau et à la
terre qui nous écoutent sans pouvoir nous entendre, qui nous parlent sans être
entendues.
Idem pour toutes ces oeuvres diffusées sur des murs muets et
généreusement offertes à des oreilles aveugles...
Il y a de l'espoir dans votre
texte, et aussi du désespoir. Entre les deux, j'espère que la patience optimiste
l'emportera, et saura attendre en toute confiance que l'humanité soit enfin
saisie d'une impulsion d'ouverture et d'écoute!

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Dernière mise à jour : ( 25-07-2008 )
 
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