L’ouvrage est sorti. Je me suis prêté aux séances de dédicaces, j’ai assisté aux salons du livre, donné des interviews… Evoquée de cette manière, la tirade en jette pour une expérience régionale qui a fait feu de tout bois en 2000 exemplaires.
Je piétine depuis dix huit mois, en effet, et ce malgré mes droits d’auteur investis dans un site web.
_ Comment, tu ne connais pas FB ?
J’ai entendu parler de ces réseaux communautaires, évidemment, mais le fait de ne pas en être me renvoie à l’image du train de retard dans les yeux de mon amie
Un affront réparé dans la foulée.
Inscription gratuite, nom, prénom… C’est bon, j’ai le niveau.
Mon but premier, je l’avoue, est d’attirer votre attention afin d’exciter les statistiques de mon site internet.
Très vite, cependant, je me prends au jeu.
Comme toujours, je cours le hasard et je suis mon instinct.
Sur FB, désormais, certains de mes ami(e)s font décorum, d’autres ont un physique ou de l’esprit.
Il y a les aigri(e)s, les déprimé(e)s, les impassibles, les prétentieux et les pitres.
Viennent enfin les bonnes idées de groupe et les artistes de talent, ceux qui vous projettent ailleurs puis, ceux que l’on n’attendait pas.
Une fée, par exemple.
Dans ce monde virtuel, il faut le savoir, les ensorceleuses ne s’appellent pas Carabosse ou Clochette mais…, Paulette !
La créature n’est pas née de la dernière pluie. Des orages violents ont traversés l’existence de cette pythie qui, d’un coup de balai, vous expulse de sa confrérie pour indolence.
Heureusement, j’ai l’intelligence par défaut, celle du cœur, et je fais antichambre.
Chaque jour, depuis ce court passage au purgatoire, l’ensorceleuse m’envoie ses poussières étoile. Un peu de poudre de perlimpinpin et des formules magiques qui changent une sale journée en eau du Léthé.
La dame joue les Cassandre, parle aux merles et aux astres mais qui est-elle dans la vrai vie ?
Jaillira-t-elle de l’écran comme dans « La rose pourpre du Caire » ?
Jouera-t-elle un rôle dans mon ascension littéraire ?
J’en doute.
Dans ce monde de convivialité glacée, mes seules certitudes vont à la personnalité de Paulette.
A cette femme Forcément Bienveillante.
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