Dans le prolongement de ma recherche sur l'imitation de la technique à la pointe sèche, amorcée avec l'image «Sacrifice», j'ai choisi d'aborder une optique différente: celle de l'image en pleine action. Comme cette technique donne par défaut un résultat d'aspect figé, j'ai voulu savoir si elle allait apporter quelque chose d'intéressant, en allant à l'encontre de ses caractéristiques de base.
Pour réaliser cette expérience, quoi de mieux qu'un sportif en pleine action! J'ai positionné mon joueur de tennis dans un angle de vue qui place le spectateur au cœur du mouvement. En contre-plongée, à l'amorce de la frappe et en déséquilibre apparent.
Cette image a été réalisée sans aucun modèle; on y trouvera donc quelques erreurs au niveau des proportions, des raccourcis et de la «logique musculaire» puisque, n'étant absolument pas sportive moi-même, je n'ai jamais observé attentivement les jeux des muscles dans une posture de ce type.
Qu'on me pardonne ici mon manque de recherche: mon objectif n'était pas de reproduire à la perfection une action réelle - sans quoi j'eûs utilisé un modèle! - et je n'avais d'autre client à satisfaire que moi-même. Pressée de voir ce qu'il en résulterait, j'ai alors utilisé ce que j'avais comme références directement accessibles: ma seule mémoire.
J'ai constaté que l'imitation des anciennes techniques de gravures est tellement associée aux images figées qu'elle ne transparaît pas dans une scène de mouvement. Toutefois, elle permet d'obtenir un luxe infini de détails: veines, nerfs, poils sur la peau, qu'on peut faire ressortir à volonté en travaillant très progressivement les niveaux d'intensité de noir.
Il en résulte donc plutôt un dessin très vivant, tangible et énergique, bien qu'on ne puisse aucunement, dans ce cas précis, le qualifier de dessin d'observation académique!