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10 000 av. J.-C., un film de Roland Emmerich (2008)En louant le DVD du «10 000 av. J.-C.», j’avais en tête les images tribales du film majestueux de Jean-Jacques Annaud, «La guerre du feu» (1981) ou encore celles, passionnantes, des reportages de Découverte ou de la BBC. Rien de tel n’était au rendez-vous.
Avertissement ! Cette chose, que certains appellent «long métrage», prend tout son sens ici : jamais le bouton fast forward de mon DVD n’aura autant servi. Il se peut même que lire ces lignes vous procure plus de plaisir que les deux heures imposées par le film de scénario douteux, lire minable, et des péripéties grotesques.
Scénario est un bien grand mot, car celui de «10 000 av. J.-C.» se limite à bien peu de choses : un héros, Steven Strait, une belle, Camilla Belle, deux Cro-Magnon BCBG en peaux de bête, amis d’enfance réunis par l’amour à l’âge adulte, la tiédeur d’une hutte au crépuscule… Bref, à l’image d’«Apocalypto» (Mel Gibson, 2006) mais sans le tranchant réaliste des images, la coquette femme des cavernes sera kidnappée par une tribu ennemie. (Certains décors et costumes semblent même avoir été récupérés du plateau d’«Apocalypto» … même le cinéma joue la carte Écolo-Verte et se met au recyclage ?) Imaginez l’esseulé qui se lace à la poursuite de sa promise, rassemblant sur son passage une armée de guerriers prêts à donner leur sang au nom de la justice. Toutes les contrées du monde se joignent à sa noble quête : nomades du désert, Masaï de la savane africaine, tribus de la forêt … N’importe quoi : c’est l’impérialiste USA qui séduit l’ONU version 10 000 av. J.-C. Les mammouths et tigres géants 3D n’auront pas suffit à donner au récit l’ampleur qu’a pu avoir Jurassic Park … il y a 15 ans. C’est vous dire à quel point «10 000 av. J.-C.» baigne littéralement dans la préhistoire - des effets spéciaux. Car même les amateurs de grand déploiement ne seront pas satisfaits.
Pour ce qui est du strict récit, c’est tout aussi lamentable. L’enchaînement des péripéties laisse croire que le monteur a collé aléatoirement des retailles de pellicule (et de chute ?) pour faire un film à l’ordre suspect. Et les interprètes ? Prions pour que ce navet n’entache pas leur jeune carrière d’acteurs de série B. Quoique je ne suis pas particulièrement pressée de les revoir au grand écran. Leur jeu est vide de sens, piètrement archétypal, en un mot : mauvais.
Le réalisateur de «Godzilla» et de «The Day After Tomorrow» reste fidèle à lui-même : beaucoup de tape-à-l’œil mais un manifeste manque de talent pour doser et mettre en scène l’action, les effets spéciaux et l’histoire. Question de tourner le fer dans la plaie, mentionnons les invraisemblances qui ponctuent le film : les bateaux futuristes, domestication des pachydermes, le langage moderne et ampoulé (le vocabulaire de nos ancêtres était-il aussi riche ?) et autres pyramides et dorées… PS : À quand la fin des verres de contact de couleurs bon marché au cinéma ? Ça crève l’écran, de ridicule.
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