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La thématique des films L’Amant (Jean-Jacques Annaud, 1991), de Hiroshima mon amour (Alain Renais, 1959) et de India Song (Marguerite Duras, 1975) s’articule autour de la rencontre amoureuse.
Dans ces trois films, les hommes et les femmes s'envoient la balle du désir tandis que Duras s’amuse à transgresser les lois officieuses de l'amour. La féminité durassienne a un petit quelque chose de masculin. Lorsqu’ Elle lance arrogamment : «Vous êtes qui ? » (L’Amant), c’est lui-même qui, au nom de sa beauté, lui a permis d’être si désinvolte.
Lorsque le Chinois rencontre la jeune fille sur le bac, la cigarette qu’il porte à sa bouche vacille. Dans la garçonnière de L’Amant, c’est la jouvencelle qui prend les initiatives tandis que l’amant chinois tremble nerveusement, fébrile de peur. Elle dirige sa propre initiation par la force de sa volonté parce que lui, s’y refuse.

Jane March et Tony Leung Ka Fai
L’homme durassien est faible : «Il pourrait être malade, en convalescence, il est imberbe sans virilité aucune autre que le sexe. Il est très faible, il paraît à la merci d’une insulte, souffrant, il gémit, il pleure.» (L’Amant) L’amant chinois n’est phallique que par l’argent et la limousine noire qui appartiennent à son père. Il est arrêté par le désir féminin dévorant et par cette présence qui l’occulte.
Le désir passe par le corps : «Mon amant est nié dans justement son corps faible, dans cette faiblesse qui me transporte de jouissance.» (L’Amant) Le diamant qu’il lui offre est un condensé de jouissance symbolique. L’acte sexuel est toujours fait par distraction et le désir de l’homme passe en second. L’homme est atteint de la maladie de la mort où l’absence de désir symbolise la mort. Le cercle fermé des hommes dans le film India Song est la lèpre, une affiliation stérile. Le dégoût putride infiltre la relation du couple partout où passe le désir.
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