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La thématique des films L’Amant (Jean-Jacques Annaud, 1991), de Hiroshima mon amour (Alain Resnais, 1959) et de India Song (Marguerite Duras, 1975) s’articule autour de la rencontre amoureuse. Le sentiment amoureux ne peut pas se vivre sans son pendant contraire, la haine.
Eiji Okada et Emmnauelle Riva (Hiroshima mon amour, Resnais)
Dans l’imaginaire de Duras, un couple fait l’amour. Sans entrer dans de profondes considérations psychanalytiques, disons seulement que ce couple est à l’origine, symboliquement, les parents. Ce rapport originel est marqué par ce qui est interprété comme de la violence du père sur la mère. Ce fantasme se répète d’un film à l’autre. Dans L’Amant, la narratrice interprète la réalité et dit : « Il a arraché la robe comme il a arraché le slip de coton blanc.» alors que visuellement c’est tout le contraire; le Chinois ne pouvait être plus doux, c’est donc qu’elle projette ses propres envies. La douceur des étreintes s’accompagne de douleurs atroces.
Anne-Marie est «prisonnière d’une sorte de souffrance.» dans India Song. Dans Hiroshima mon amour, la violence des images montées en parallèle des amants amoureux et des corps putréfiés est marquante. La beauté des visages veloutés s’oppose à celles des victimes défigurées par les retombées radio-actives. La peau du Japonais est pourtant si douce. Les images des mains sont connotées au montage : une belle main caresse le dos du Japonais puis des mains se déchirent sur les briques de la cave de Nevers. Plus tard, elle caresse un verre d’alcool comme elle caresserait le sexe de son amant. Des plans consécutifs montrent que les mains du Japonais lui rappellent celles immobiles de l’Allemand sur lequel elle est allongée.
L’enfermement dans la cave fait allusion au confinement de la jouissance féminine comme à l’allégorie de la caverne : le personnage découvre de nouvelles vérités et elle se découvre au-delà de cette cave humide. Comme le montrent les cheveux coupés de la jeune fille de Nevers, semblable à Samson, est dépossédée de son pouvoir loin de son amour, aux frontières de la psychose. Caresser le verre, c’est prendre sa jouissance et son présent en main.
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Extrême douceur et atrocité ?
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