L'Amour au cinéma selon Marguerite Duras
Écrit par Prune   
21-07-2008

Le cinéma est un lieu virtuel où le désir et l’amour s’expriment. Avec Marguerite Duras qui y met du sien, l’écrit au féminin se permet de conscientiser sur ses propres regards.

 

La thématique des films L’Amant (Jean-Jacques Annaud, 1991), de Hiroshima mon amour (Alain Renais, 1959) et de India Song (Marguerite Duras, 1975) s’articule autour de la rencontre amoureuse. Le thème se cristallise autour des personnages féminins qui le font vivre. 

 

Eiji Okada et Emmnauelle Riva

Mieux encore, la conscience féminine exerce une force d’action sur sa destinée. On ne parle plus d’Elles comme de l’ensemble des personnages d’un film à un autre, mais d’un Elle à l’image d’une femme durassienne. Elle, la jeune fille de Saigon, Anne-Marie Stretter et Elle de Hiroshima sont la même femme. Lorsqu’on parle de l’une, on parle aussi des autres. L’œuvre de Duras fonctionne comme un vaste réseau de correspondances et de résonances internes tissées d’éléments fondateurs. Elle est hypertextuelle et ambivalente parce que chaque film, comme chaque femme qui en est l’héroïne, est la jonction de deux systèmes de signes qui relativise l’ensemble. L’idée récurrente : l’amour durassien.

  

Delphine Seyrig

Ce singulier amour est multidirectionnel : amour maternel, a-romantique, fraternel et physique se côtoient. Il est toujours vécu paradoxalement, construit à même les contradictions humaines où s’opposent les pulsions de vie et de mort. La structure antithétique de cet amour habite l’univers durassien ; l'amour y fréquente la haine, l’horreur, la beauté et l’espoir, la désillusion d’un amour impossible. À travers les détours du cœur, les narratrices s’aiment toujours elle et l’Autre. Le sentiment amoureux entretient des rapports nécessaires avec l’altérité. 

 

Jane March et Tony Leung Ka Fai

 

Ainsi, aller à la rencontre de l’étranger, c’est avant tout aller à la rencontre de l’étranger à soi. L’étranger est la face cachée de l’identité. L’étrangeté de l’autre confronte les narratrices à leur propre étrangeté. La femme est l’axe central du sentiment et de l’action amoureuse. Évoluer dans cet amour, c’est apprendre à l’être, femme. «Un jour, j'ai été jeune.», disait même avec nostalgie la femme d’Hiroshima. La parole est une cure pour celle qui veut se guérir de son inaction.

 

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Dernière mise à jour : ( 21-07-2008 )
 
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