Marguerite Duras : Amour et cinéma Conclusion
Écrit par Prune   
24-07-2008

Duras : «Écrire, c’est ce que je vois au-delà de l’instant, dans le grand désert, sous les traits duquel m’apparaît l’étendue de ma vie.» La thématique des films L’Amant (Jean-Jacques Annaud, 1991), de Hiroshima mon amour (Alain Resnais, 1959) et de India Song (Duras, 1975) s’articule autour de l’amour.

 

La femme durassienne occupe tout l’espace qu’elle s’est elle-même créée dans le film. Elle revendique son individualité et sa liberté. La force qui la porte est le fleuve. Souvenons-nous de Anne-Marie qui dit : «Je ne suis tenue à rien.» À la fois mouvement fluide et sombre désir, le fleuve est un courant inconscient qui la porte aux confins d’elle-même et de sa personnalité redécouverte.

 

Jane March et Tony Leung Ka Fai (L'Amant, Annaud)

L’amour exprimé par une femme antithétique s’exprime de façon antithétique.  Partout Duras semble utiliser le symbolisme du noir et du blanc pour «raconter» ces contradictions : la jeune fille blanche de Saigon salie par ses empressements sexuels porte du brun alors que ses compagnes de classe portent toutes du blanc, son amant basané, dans Hiroshima, des chats noirs, des chats blanc, le N & B, la robe de bal tantôt noire désir d’Anne-Marie tantôt blanche et virginale  au réveil,  les costumes blancs de ses amants, la nuit noire, le jour, etc. 

 

Qui dit amour dit manque. Le miroir de la salle de bal de Calcutta renvoie le double du vide. Le manque est manque de L’Autre. L’amant témoigne de l’espace vide entre la femme durassienne et l’amour éternellement insatisfaisant. Le manque génère l’écriture et le flot des mots. L’écriture est action : «Je veux être romancière, écrire pour faire du mal à l’aîné, pour qu’il meure.» (L’Amant) Dans India Song, la femme durassienne, Anne-Marie, n’est pas encore prête à écrire. C’est toujours la réécriture du même, de l’amour et de la mort. La réécriture du fantasme. Condamnée à mourir, l’écrivaine est donc condamnée à écrire. «Écrire, c’est ce que je vois au-delà de l’instant, dans le grand désert, sous les traits duquel m’apparaît l’étendue de ma vie.» (L’Amant) L’objectif de Duras est d’unir, sinon de nommer, les différentes dichotomies entre le dehors et le dedans, entre le cinéma et la vie, entre la mort et la vie.

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE (Tous les articles sur Duras...)

DACO, Pierre. Les Triomphes de la psychanalyse. Verviers: Éditions Gérard, 1965. 437 p.  LECLERC, Catherine. Transport amoureux: relations interculturelles. Parcours identitaires et parcours narratifs dans Kamouraska, l’Amant, Moon Palace et Volkswagen blues. Montréal: Université du Québec à Montréal. 1998. 99 p. Séminaire du Film et du Cinéma. Tu n’as rien vu à Hiroshima !. Bruxelles : Éditions de l’Institut de Sociologie, Université Libre de Bruxelles.307 p.

 

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Dernière mise à jour : ( 24-07-2008 )
 
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