Mississippi Burnig (Alan Parker) Résolution de l’enquête et approche systémique
Écrit par Prune   
13-07-2008

Dans le film Mississippi Burnig, Ward et Anderson incarnent bien le principe systémique selon lequel une interaction qui modifie un élément du système engage ce dernier dans un processus de morphogenèse où son équilibre est menacé.

 

C’est par l’action (Anderson) qu’il sera possible de modifier les paramètres relationnels entre les Noirs et les Blancs du sud. Au départ, le duo de héros n’arrive pas à trouver un terrain d’entente. Le montage parallèle montrant successivement l’arrivée massive des renforts et la recrudescence de la violence des Blancs montre que l’approche de Ward n’aide pas la cause des Noirs; son action a l’effet d’un boomerang, pire encore, elle fait effet boule-de-neige (rétroaction positive). Ward n’observe pas suffisamment les mécanismes de la petite communauté. Il s’attaque alors à l’homéostasie du mauvais système : celui qui oppose les ségrégationnistes et les Noirs. Il ne fait qu’augmenter les pressions qui tyrannisent les deux systèmes. En imposant son savoir-faire et son idéologie, il n’arrive à rien tandis qu’Anderson excelle. Dans l’équipe où joue Anderson, la sienne, les notions de bien et de mal se relativisent. Ward, placé devant l’évidence, va finalement accepter d’utiliser la méthode d’Anderson. 

 

  

 

 

À ce moment-là, les deux collègues vont interagir de façon complémentaire; l’équilibre du système nouvellement formé le rend efficace et l’enquête cesse de piétiner comme par magie. Les croix qui brûlent un peu partout symbolisent (Elles symbolisent évidement aussi toute la haine du KKK; référence à des événements historiques réels) l’intersection des deux systèmes que représente le duo de héros. Brûlants, ces symboles montrent que les différences doivent se consumer littéralement pour être dépassées. (Voir aussi pochette de la cassette : visage des héros et en arrière plan, croix en feu. (Voir aussi pochette de la cassette : visage des héros et en arrière plan, croix en feu.)

 

La mise en scène finale, dans laquelle un membre du KKK est attaqué par des membres de l’équipe d’Anderson «encagoulés» jouant le rôle de leurs ennemis, entraîne finalement la destruction de l’homéostasie du système que forme le shérif et sa clique de racistes. Grâce à sa technique toute personnelle et à sa connaissance du milieu, Anderson sait qu’il ne sert à rien d’impliquer davantage les victimes (Noirs, femme de Pell, etc.) dans le processus d’investigation; il cible ses efforts pour déstabiliser le groupe agresseur : «Les loups commencent à se suicider.» Il s’agit de s’attaquer au bas de l’échelle pour ébranler le reste de la structure.

 

Le personnage de Lester, bedonnant et louchant, est choisi pour cible parce qu’il est le plus susceptible de croire en la supercherie. Anderson profite à fond de sa naïveté et de sa faiblesse d’esprit pour l’enturbiner. Évidemment, il y avait interaction complémentaire au sein du Klan : un chef dirige et donne des ordres; celui de garder le silence, de se tenir tranquille.

 

Les manœuvres d’Anderson visent à renverser cet équilibre précaire. Ses méthodes officieuses et agressives combattent l’adversaire sur son propre terrain : «Ce panier de crabes, on va devoir l’ouvrir de l’intérieur.» Il n’y a pas d’équifinalité possible; un seul moyen d’action est efficace et c’est celui d’Anderson.

 

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Dernière mise à jour : ( 18-07-2008 )
 
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