Mississippi Burnig, le film de Alan Parker: Analyse systémique 2
Écrit par Prune   
13-07-2008

Mississippi Burnig est un film qui permet à plusieurs systèmes antagonistes de se confronter, et ce à plusieurs niveaux : Noirs/Blancs, sudistes/nordistes, le duo de héros, les relations interpersonnelles à l’intérieur du KKK. Il s’agit de systèmes ouverts en contact constant avec l’environnement; ils y établissent des rapports de force et de dualité.

 

 

Le film est aussi une façon d’opposer deux juridictions, celle du Comté Jessup et celle du FBI. Le Sud croit qu’il peut s’occuper seul de ses problèmes : «Beau palais de justice pour une seule petite ville !» L’éloignement de Washington est physique et idéologique. Ceux par qui doit arriver la justice ne la respectent pas : la police fréquente un bar clandestin, le juge rend un jugement avec facteurs atténuants… Les autorités et la communauté semblent toutes faire partie d’un Klan secret : la rencontre politique tenue par Tonwley est un subterfuge terminologique. À un niveau plus élevé, le FBI pratique les mêmes illégalités (voir la bouteille de Jack’s Daniel entamée dans la chambre de motel des inspecteurs).

 

Gene Hackman et Willem Dafoe

 

Ward et Anderson, les 2 policiers sur l’enquête, constituent des systèmes ouverts : chacun de leur côté forme un tout organisé. Conjointement, ils instaurent les bases d’une structure dynamique et non-isolée. Leur communication est incessante, bien qu’ils n’arrivent pas à se comprendre mutuellement. Leurs actions, d’abord symétriques, ne peuvent s’harmoniser : chacun de son côté veut jouer au leader. Lors de leur première apparition, chacun expose peu subtilement ses intérêts et ses motivations; son système idéologique. La scène permet au spectateur de se faire une opinion : le film mise sur l’identification du spectateur au policier le plus sympathique, Anderson, pour véhiculer son idéologie. Anderson satisfait le besoin de la société américaine de légitimer sa violence légale.

 

Deux systèmes distincts, avec chacun leurs règles, fondent la structure générale du récit et incarnent les différentes parties d’un conflit politico-historique. Les systèmes sont explicités par l’intégration d’éléments visuels et thématiques. Alors que le portrait des personnages explicite leurs idéologies, leurs attitudes illustrent l’ensemble des valeurs qu’ils véhiculent.

 

Lire la suite : Portait des personnages

 

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Dernière mise à jour : ( 18-07-2008 )
 
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