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15-03-2009 |
Bien avant son film Match Point (Scarlett Johansson, Jonathan Rhys-Meyers), le réalisateur Woody Allen nous avait habitué à ces histoires louches où règne le mensonge et le sexe.
Déjà en 1983, avec Zelig, la table est mise pour mettre en scène le faux. Les actualités nous rappellent celles d’Orson Welles et son Citizen Kane : les faux documentaires, les pseudos reportages. Quel chef-d’œuvre.
Nous sommes tous un peu faux. Zelig (le personnage est joué par Woody Allen) est une chronique majestueuse sur l’étonnante faculté qu’on les gens à ne pas être se qu’ils sont en réalité. Essai thérapeutique sur le caméléonisme et la peur d’être différent. La filmographie de Woody Allen est exploite souvent ce thème…
Le film aborde deux types de mascarades. Le mensonge conscient fait volontairement aux autres pour se prémunir ou pour éviter les confrontations et les mensonges qu’on se joue inconsciemment à soi-même. Plus la société sera permissive, plus les gens ressentiront le besoin maladif d’être conforme et normaux. Paradoxal. La peur d’être soi-même pousse à être comme les autres. Le film pose la question de l’inconsistance de la personnalité, instance indéfini et malléable. Qui se fond dans le décor, tel le reptile camouflé. Zélig dénonce ouvertement la volonté d’assimilation des gens, le culte du conformiste et les mouvements grégaires, pitoyables. C’est le besoin d’être aimé et surtout non rejeté qui pousse le personnage à tous ces subterfuges. La travestissement est une tentative pour être aimer.
Zelig fait le constat d’une Amérique bipolaire, intolérante et lubrique. Un juif dans l’uniforme d’Hitler ? La fausse abondance des années folles. L’idéologie du vrai est souvent un rêve idéalisé alors que le faux devient un exutoire pour le Mal. Zelig agit tel un miroir de l’Amérique insouciante prête à se créer des idoles durant l’espace d’un film. Des Stars filantes crevant aussitôt.
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Dernière mise à jour : ( 15-03-2009 )
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