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Pour sortir du XXe siècle Edgar Morin … C’est dans le regard même que porte l’humanité sur elle-même, regard qu’elle juge objectif et éclairant, qu’elle récuse et fragment le réel. Le regard est malade, gangrené par le trop plein d’apparences et de prétentions.
L’esprit traduit le réel, il ne le reflète pas. Tout ce qui est perçu est une hypothèse. «Mais, c’est dans le mythe politique que se sont réfugiés et déversés les eschatologies, les promesses de Salut, qui ont transformé ces mythes en illusions.» L’idéologie est le monde en idées dictées. Le dogme idéologique crée un faux afin de se légitimer : toute information subversive, dialectique, est déniée, mensongère.
«Mais il faut des conditions particulières pour que la foi produise des faux. Ce sont les moments où la foi subit une épreuve intérieure critique. Ainsi, c’est au moment où s’effondre la promesse messianique du retour imminent du Christ que se multiplient les faux de tous ordres attestant la divinité de Jésus. On divinise le Christ au moment où l’on n’attend plus son retour.»
Le mythe est une formation d’idées imaginaires, symboliques, universelles et idéologiques qui a une valeur de réalité et de vérité dans l’expérience individuelle. Le mythe n’est pas un mensonge. Il a tout les apparences de l’expérience vraie mais n’en est que l’illusion. Le mythe est une voix diffuse, celle d’aspirations littéralement anthropologiques : rêve d’humanité, de liberté, de fraternité,… Il est utopique dans la mesure où il diffuse des idées hyperéelles, idées qui dépassent en bonnes intentions le réel. En réaction à la précarité de l’existence, le mythe construit un univers d’idées indéfectible.
Sans remémoration, sans démystification, l’histoire est condamnée à se répéter. La connaissance, la nouveauté, débouche toujours sur un inconnu promesse de liberté. La liberté est une émergence, une découverte, non une pas révélation.
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