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L'avant-propos du livre ne pourrait mieux situer, placer, préparer le lecteur à ce qui suit. Tout mais pas accommoder le lecteur en devenir.
Chirurgien et scientifique de renommée Henri Laborit, dans l'Éloge de la fuite, donne à réfléchir sur tout ce qui angoisse l’homme. Dans sa recherche insatiable de comprendre les élans de la condition humaine, schémas et théories moléculaires soutiennent ses thèses. De par ce qui le définit, l’homme réagit à son univers dans un unique but : conserver sa structure biologique en vie. À partir de cette assurance, plus aucune raison de faire confiance à l’environnement, au dehors si bien qu’au-dedans. Conscient de l’inconscient, Laborit tente de mettre en lumière la charge affective reliée aux prises de décision inévitable, de là, l’éloge de la fuite. Coupé que nous sommes des autres et à la fois enfermé dans un système, nous n’avons pas conscience de l’expérience des autres. Et parce que de toute façon nous ne connaissons pas les raisons véridiques de nos actes, que nous ignorons dans quelle proportion nous sommes un produit de notre environnement et que nous en subissons tout de même les chocs, la fuite demeure souvent la seule issue à envisager. Celle qui permet de se tenir en dehors de la souffrance. Se tenir loin du danger. C'est elle aussi qui est à la base de nos relations avec l'autre.
La grille d'analyse de Laborit: les rapports de dominance créés par un objet de gratification. Amour, mort, promotion sociale, sens de la vie, aucune donnée n'y échappe. La vision offerte par Laborit est troublante ; elle défit toute attente. Même s’il est peu probable qu’un individu adhère totalement au raisonnement proposé, les pistes de réflexion sont originales et invitantes. Laborit n’hésite pas dire la vérité, celle qu’il croit nous animer. C’est cette même vérité qui est parfois camouflée, transfigurée pour justement conserver l’homéostasie générale. Au risque de nuire momentanément à notre journée, Laborit déshabille nos actes, autant individuels que collectifs, nous arrachent à ce qui nous lie : nos avoirs, nos espérances, nos convictions, nos croyances, notre Absolu. Le sens que nous donnons à la vie, ce prisme, véritable point de départ et plus tard, point de référence inébranlable de chacun des pas, les nôtres mais aussi ceux des autres. Enfin, Laborit appelle à la prudence, à la vigilance par rapport aux modes proposés, et aux raisons parfois obscures qui nous sont données comme dictats. La fuite est aussi celle de l’esprit qui se connaît dans la limite de ses connaissances et de la Connaissance.
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