Les hauts murs obstruent la ligne d’horizon et la directrice de l’école offre sa face hideuse à mon regard… A l’âge de trois ans, je découvre le sens du mot « libre » qui, déjà, s’étrangle dans ma gorge. Je hurle !
Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis ce premier jour de classe mais ma mère entend toujours ces cris.
« Comme si on t’écorchait » fanfaronne-t-elle aujourd’hui.
Un abattoir. Une longue agonie derrière les barreaux de l’éducation nationale dont je m’affranchi par évasion. J’ai quatorze ans et demi mais le monde du travail et celui des adultes ne m’effraient pas, bien au contraire.
J’aime ce que je fais. Je l’ai décidé.
Me voilà sous les drapeaux, cependant. Je passe le porche d’une enceinte militaire comme on s’engage dans le tunnel de la mort. Sans lumière blanche.
Comble de l’obédience…, on m’impose le port de l’uniforme.
Pour l’homme devenu, ces douze mois se doublent d’une conscience aigue que l’enfant de l’école maternelle n’avait pas.
Et le temps s’étire…
Heureusement, ma sexualité est depuis longtemps émancipée. L’antithèse de l’univers cité ci-dessus. Je vais juste foirer une décennie de ma vie amoureuse.
Une cellule en or, un vaste placard…
Paulette, ma copine facebookienne, m’a soumis la citation d’un auteur qui résume l’histoire :
« Reste près de moi » dit le mauvais amour.
« Va » dit le bon.
« Je me tire » ai-je répliqué au premier.
Entre chacun de ces obstacles, et autant que faire se peut, je me rends libre. Je suis le chef de mon entreprise, l’associé d’une personne et l’âme heureuse d’une autre.
« Va »…
Une parenthèse enchantée, une cime comme un tremplin pour les sommets à venir.
Ad lib.
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